Se battre contre Tristan L’Hermite en buvant de la Alexanders Keith’S

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J’ai beau me creuser le cerveau avec toutes les bonnes intentions du monde, j’ai toujours l’impression que tout ce qui sort de ma gueule pu le préfabriqué et qu’aucune expiration de mon désespoir ne pourrait même justifier le fait que je veuille écrire le malheur qui m’accable. On dira : « Pouais, mais Plourde, t’es un ostie d’chanceux, t’as une femme, une enfant, un job, fa-ke, ferme don’ ton ostie d’yeule! » 

Kyar, le pire crime que l’on puisse commettre à mon endroit est celui de vouloir me fermer mon ostie d’yeule. Marty McFly détestait qu’on le traite de mauviette; moi, je déteste au point de vouloir détruire tout ce qui se trouve autour de moi tous ceux qui veulent me fermer la gueule. Le pire manque de respect, au-delà de la chambre à gaz, c’est celui de vouloir fermer la gueule à quelqu’un. 

Alors que je dise n’importe quoi, sacrebleu, que je partage mon abdication par rapport au fait que – putain – il n’y a rien d’autre qu’une lente agonie qui nous attend, cela ne devrait pas insulter ou indigner quiconque, car il me semble qu’une foi que l’homme réalise ses limites, il lui est enfin permis de les repousser, d’en partager le drame et d’espérer mieux. Si de mon vivant je ne verrai jamais l’indépendance du Québec, si de mon vivant je ne verrai jamais l’avènement des voitures électriques volantes, le boom de l’énergie solaire et thermique, la disparition des religions et le réel et le vrai génie humain mis au service non pas seulement de l’humanité mais de la planète Terre tout entière, je ne m’en ferai guère outre mesure car j’ai confiance. Malgré tout. Malgré vous. Malgré toi, l’ostie de pessimiste chiant qui n’arrête pas de penser à lui-même. J’entretiens l’espoir que l’humanité saura se prémunir d’elle-même, de toi. 

C’est en buvant ces quelques bières sous un soleil de plomb qu’il me vient à l’esprit l’idée qu’il faudrait peut-être mieux s’entendre, mieux s’écouter et surtout mieux se pardonner. Or il ne faudrait par contre ne pas confondre le pardon avec le besoin essentiel de s’indigner, de se mettre en beau fusil, d’être en câlice ! 

La justice ne devrait pas être un État qui laisse ceux qui en ont besoin dans l’attente. La justice est un sentiment de vengeance raisonné devant être assouvie dans l’immédiat. Il faut entretenir notre colère au nom de la raison sans s’emporter dans l’animosité. La rogne, c’est le mortier du mur de bien des nations. Nous n’en faisons pas exception. Rien à se reprocher. La colère est un sentiment nourri par l’injustice, suffit de bien canaliser cette énergie destructrice afin de se construire grâce à la compassion, au pardon; car on ne pardonne pas sans colère.

Il est humainement possible de détester justement, comme je déteste d’une façon abstraite le Canada et l’histoire sur laquelle ce pays assujetti au royaume britannique tente de se construire une identité qui lui serait propre. 

Tu me fais chier, tu me méprises, tu ne me donnes pas l’attention qui devrait me revenir; je suis donc en droit de te réduire à une connaissance sous-évaluée de ma cosmogonie orgueilleuse. Qu’est-ce que tu crois ? Qu’est-ce que tu espères ? Que je me crisse à quattre pattes comme la plus conne des plottes ?

 En somme, l’art du vivre-ensemble m’apprend à te dire un innocent  « fuck you » sur un blog au lieu de m’engager à mettre nos deux vies en danger.

C’est un long détour, my friend, I know, but tu sais ben que j’t’aime avec toutes tes calamités.

D. Plourde.

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FRAGMENTS DE MÉMOIRE – CELLULE ESPERANZA – INTRODUCTION

 Au cours des prochains jours, des prochaines semaines, je publierai ici des fragments de mon mémoire de maîtrise. Si le style académique peut paraître rasant, l’objet de cette réflexion sur l’engagement littéraire saura peut-être intéresser certains d’entre vous.

Je me suis longtemps questionné sur la pertinence de publier en ces pages ces fragments de mémoire; j’en suis venu à la conclusion qu’ils pouvaient jeter une lumière éclairante sur le travail créateur et l’appareil réflexif qui a suivi l’écriture de mon recueil de poésie : « Cellule esperanza », publié aux éditions de L’Hexagone en 2009.

Je vous convie, du coup, à m’accompagner dans mon atelier.

Danny Plourde

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Corée du Nord, Corée du Sud  (우리 는 하나)

  • by DANNY PLOURDE
Remontons à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les Japonais n’ont d’autre choix que d’abandonner leurs positions en Chine et en Corée, laissant le sud de la péninsule coréenne dans le chaos, avec une classe dirigeante qui, pendant près de quatre décennies, avait collaboré avec l’empire du Soleil-Levant. Bon nombre de ces collaborateurs ne seront jamais jugés ; au contraire, ils se transformeront vite en d’ardents anticommunistes afin de garder le pouvoir.Pendant ce temps, au nord, la résistance anti­japonaise coréenne dirigée par Kim Il-sung adhère au communisme et cherche des appuis chez les Soviétiques. Les Coréens du Nord, après avoir combattu l’envahisseur japonais, n’acceptent pas qu’au sud, on se range du côté des Américains. Les révolutionnaires voudront donc prendre d’assaut toute la péninsule afin d’y ériger un pays communiste lavé de ses traîtres et de ses étrangers, tandis que les rentiers et propriétaires terriens du Sud feront tout ce qu’ils pourront pour préserver les acquis obtenus du temps des Japonais.Nous connaissons la suite  : des millions de morts sous le napalm américain, tant au Nord qu’au Sud ; une avant-première de la guerre froide dans laquelle s’affrontent les États-Unis, l’URSS et la Chine. Résultat  : un peuple encore aujour-d’hui divisé et dévasté.

Colonisation culturelle en Corée du Sud

La Corée du Sud a développé un vrai modèle occidental à la sauce kimchi. On peut parler d’une véritable colonisation culturelle par les Amé-ricains : konglish(mélange de coréen et d’anglais) omniprésent, capitalisme exacerbé, sentiment religieux inspiré des églises américaines, tout près du fanatisme idéologique. À cela s’ajoutent des histoires de corruption et de collusion qui font la manchette toutes les semaines. Des manifestations monstres sont réprimées dans le sang. Des conglomérats oligarchiques établissent une convergence dans plusieurs secteurs  : eau, pétrole, télécommunications, presses, universités, recherche pharmaceutique, centres d’habitation, supermarchés, chaînes de restaurant, acier, automobile, industrie du divertissement, extraction nucléaire, armement, par des compagnies telles Hyundai, Samsung, Kia, Lotte, LG.

Le pays affiche l’un des plus hauts taux de suicide. L’exode des jeunes cerveaux inquiète les autorités. L’approvisionnement en ressources naturelles dans ce demi-pays surpeuplé est de plus en plus problématique. Dès les années 1950, on a appris l’anglais dans les églises protestantes érigées par les soldats américains et aujourd’hui maintenues par des illuminés qui engraissent les caisses électorales des partis conservateurs. Lee Myung-Bak, le président de la république, a même dû s’excuser en 2008 auprès des bouddhistes, qui représentent plus du tiers de la population, après s’être dit favorable à la christianisation du pays.

Dans ces églises protestantes, qui ont poussé comme des champignons, on y a appris que le communisme mène droit à l’enfer, que le paradis n’est accessible qu’aux fidèles qui s’éloignent de l’enfer rouge.

Dans un pareil contexte, réunifier les deux Corées devient un défi considérable. Les « spécialistes » de la réunification en Corée du Sud ne cessent de répéter que cela coûterait trop cher. Alors on procrastine, on attend, on maintient l’état de siège. On envoie ses fils dans l’armée pour deux ans de service pour qu’ils protègent le pays des démons du Nord. Tous acceptent la présence des soldats américains, car sans eux, qui saurait ce que feraient ces chiens de rouge du Nord – laisse entendre une propagande haineuse –, ces tueurs sanguinaires violeurs d’enfants affamés qui se nourrissent de rats, de poubelles et de chair humaine ?

Les Coréens du Sud ont longtemps été victimes d’une dure répression par des gouvernements autoritaires, et en cherchant absolument à préserver le pouvoir, les dirigeants capitalistes du Sud, soutenus par les États-Unis, ont multiplié les exactions. Dans les années 1980 et 1990, des violences multiples ont été signalées et des écrivains, syndicalistes ou politiciens progressistes se faisaient emprisonner (entre autres, l’écrivain de notoriété internationale Hwang Sok-Yong et l’activiste et actuel maire de Séoul Park Won-Soon).

Chun Doo-hwan, dictateur de 1980 à 1987, a été impliqué dans le coup d’État de 1979 et le massacre de Gwangju en 1980, qui a causé entre 1 000 et 2 000 morts et disparus chez des étudiantEs. Chun était pourtant considéré à l’époque comme un bon général venu sauver le peuple de l’anarchie communiste. Ce crime a souvent été dénoncé par de nombreux altermondialistes occidentaux et dissidents sud-coréens.

Perspectives

Historiquement, la Corée du Nord a manifesté davantage d’intérêt à la réunification ; cela s’explique, de façon évidente, par la situation précaire de ses habitants. Au Sud, par contre, il est clair que plusieurs profitent de la division. Il y a un business de la frontière fraticide. On répète sans cesse que l’unification ne serait pas bonne pour l’économie. Les dirigeants du Nord demandent des conditions à la réunification que ceux du Sud ne peuvent accepter, pour des raisons remplies de mauvaise foi : la liberté politique (qui serait dangereuse, advenant une montée du socialisme) ; le départ immédiat et total des soldats américains (ce qui serait dangereux, advenant une invasion armée nord-coréenne ou chinoise) ; une fédération constitutionnelle où Nord et Sud subsisteraient en tant que provinces et présenteraient un président en alternance (ce qui serait dangereux, étant donné que le dirigeant issu du Nord pourrait adopter des lois contraignant les investisseurs du Sud).

Cela dit, les Sud-Coréens les plus progressistes ont réussi là où leurs prédécesseurs ont échoué : ils ont humanisé cette lutte. Mais avec la mort de Kim Jong-il, le sujet devient particulièrement délicat, tant pour les Coréens du Nord que du Sud. Il faudra observer attentivement comment Kim Jong-Un, ce jeune obèse qui n’a pas 30 ans, saura faire ses preuves dans une société aussi confucianiste que la Corée. Fera-t-il un coup d’éclat militaire pour se faire respecter par les vieux généraux ?

Ses premières décisions ne vont pas en ce sens. Au contraire, il a eu le culot d’ouvrir les frontières à tous les Coréens du Sud voulant venir saluer la chapelle ardente consacrée à Kim Jong-il. Or, pendant ce temps au Sud, l’armée était sur le pied de guerre et a posté de nombreux soldats aux frontières.

Un faux pas de plus du Nord serait précisément ce que le militariste conservateur de droite Lee Myun-Bak souhaiterait pour espérer ouvrir le chemin à la réélection d’un nouveau parti de droite, dirigé par Park Geun-hye, la fille de l’ancien militaire et dictateur Park Chung-hee. Une recrudescence des tensions justifierait une invasion, tout de même peu probable. Or, il suffira de continuer à alimenter la contestation dans la population nord-coréenne (infestée d’agents perturbateurs déployés par le Sud et les États-Unis). Car c’est précisément le scénario plausible le moins catastrophique présentement qui pourrait se réaliser  : une révolte nord-coréenne contre ses propres dirigeants, voire une « saison » coréenne irréversible.

L’espoir

Aujourd’hui, les wons – monnaie coréenne – s’accumulent dans le « pot pour la réunification des deux Corées ». Car le Sud devra nécessairement payer pour y arriver, et cette opération coûtera très cher. On estime à entre 250 milliards et 2 140 milliards d’euros les coûts d’une éventuelle réunification, ce qui fait trembler toute une classe économique influente qui cherche naturellement par tous les moyens à retarder le plus possible le grand jour. Mais on a tout de même créé un ministère de la Réunification !

Cela dit, une petite bombe vient d’éclater au Sud : à Séoul, le gauchiste Park Won-Soon (né en 1956 et emprisonné en 1987 après avoir protesté pacifiquement pour la démocratie) vient d’être nommé maire, grâce à une génération de jeunes progressistes qui n’en peut plus de l’attitude belliqueuse de son gouvernement et d’un mode de vie calqué sur le modèle américain.

Le cinéma, la littérature, la chanson, toutes trois de plus en plus engagées, critiquent maintenant ouvertement la ligne dure de Séoul. Et tout indique que les présidentielles de 2012 en Corée du Sud ne seront aisément gagnées pour la droite conservatrice de Park Geun-hye, car Ahn Choel-Soo, un camarade de Park Won-Soon, se présentera afin de briguer la présidentielle. À eux seuls, Park Won-Soon et Ahn Choel-Soo incarnent un renouveau politique progressiste qui opterait pour un retour de la politique du «  rayon de soleil  » entre les deux Corées. Les deux sont jeunes, ont le vent dans les voiles et inspirent l’espoir.

Pour que de notre vivant nous assistions à la réunification, qui est pour plusieurs un enjeu très important pour l’équilibre du monde, ce vent de changement devra à coup sûr se faire sentir à Pyongyang afin que le peuple se soulève sans risquer une sanglante répression. Mais de Séoul à Busan, il faudra aussi – et surtout – envoyer au voisin du Nord un signal fraternel et pacifique qui témoigne d’une volonté de se réunifier sans que coule le sang des frères et sœurs ou que les intérêts financiers continuent à supplanter tout effort d’harmonie.

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Ancienne version, rédigée pour le compte de la revue À babord : http://www.ababord.org/spip.php?article1447


CES VIGILES DU CRÉPUSCULE

Les crises politiques et sociales que traversent les peuples au cours de leur histoire laissent des traces indélébiles dans l’imaginaire et la pratique d’un nombre important de créateurs qui ne peuvent taire « ce qui se passe ». J’imagine déjà un jeune auteur arabe troquer la mitraillette pour un crayon, sur des ruines fumantes en Lybie, en Tunisie, en Égypte, inspiré par les événements de ce fameux « Printemps » qui n’en finit plus. Il serait d’autant plus intéressant d’aller mettre la main sur le nouveau roman d’une belle Birmane en train de vivre de près la lente démocratisation de son pays. Cré !  À quand le grand plongeon dans une histoire écrite par un moine révolutionnaire du Tibet (qui aurait eu des réserves quant au rôle joué par le Dalaï Lama dans les affaires internes du Xizang), par un militant indépendantiste écossais ou encore par un Touareg de l’Azawad ? Toutes ces histoires seraient peut-être mal racontées, elles regorgeraient assurément d’un tas de lieux communs, mais quand même ! Les mauvais écrivains ne sont pas médiocres seulement à cause de l’objet de leur histoire… En réalité, à chaque catastrophe son écrivain, à chaque conflit, à chaque lutte, à chaque tension son/ses « raconteux ». Et puis, cette tension-là, celle qui impose un rapport de force entre les différents acteurs de notre tragédie contemporaine, n’est-elle pas à l’origine de la création ? Ou à tout le moins, ne fait-elle pas partie nécessairement du décor ? Plus près de nous, au Québec, allons-nous nous surprendre, par exemple, de bientôt lire un tas d’histoires qui auront pour trame de fond les manifestations étudiantes du printemps érable ? Combien d’auteurs sont déjà en train de réécrire la commission Charbonneau ? D’un certain point de vue, cette matière (circonstancielle) à création parait peu originale, réduite à un effet de mode, alors quoi ? Faudrait-il la taire ? Ou pire, faire l’erreur de la comparer au même titre que ce flot incessant de faits divers qui gavent nos quotidiens. En d’autres mots, faudrait-il accepter l’idéocide de ce qui ne fait pas strictement partie du domaine de l’intime ? Comme un roman « punché » en 140 caractères… « Allons-nous nous surprendre de bientôt lire un tas d'histoires inspirées du fameux « Printemps érable » ?

Ces auteurs qui s’inspirent des événements marquants de leur époque m’intriguent, me passionnent, car ils n’ont que faire de donner l’impression de réduire leur art à de l’événementiel. Cette vieille question : « À quoi sert la littérature ? », ils l’y ont répondu depuis longtemps sans trop se compliquer la vie. La littérature, elle sert à sensibiliser, à éveiller les consciences (rien de moins!), à témoigner, à partager des craintes, à prévenir, à souligner l’importance de se souvenir, etc. Les questions d’éthiques semblent ainsi prévaloir, même si nous savons bien qu’elles ne peuvent se soustraire à celles de l’esthétisme. […]

Je m’intéresse plus particulièrement à ces « patenteux des mots » qui ne craignent nullement de puiser dans le terreau de l’actualité politique (et des circonstances sociales) la matière première à proposer une vision singulière et engagée du monde, à savoir, comme l’entend Deleuze, une littérature exprimant un « devenir révolutionnaire ». Chez ces auteurs qui m’interpellent, la dissidence et la révolte se veulent non seulement un moyen de répondre à l’injustice qu’on banalise, mais également une pratique moderne consistant à s’éloigner de ce qu’Hannah Arendt nomme « la posture de l’écrivain libéral », lui qui, libéré de l’Histoire, ne cherche qu’à poursuivre (inconsciemment ?, par désespoir ?, cynisme ?) une quête de liberté individuelle, souvent manifestée par l’étalement exhibitionniste de son intimité aux prises avec des spectres flous ou par cette volonté intéressée (et faussement humble) d’offrir un simple divertissement comme les autres. Au contraire, inspirés par un devoir éthique de mémoire et embrassant ouvertement un esthétisme la plupart du temps réaliste, les auteurs qui m’interpellent s’inscrivent dans la modernité en donnant corps à des personnages dissidents qui ont cherché à combattre les tenants d’un système politique souvent corrompu les ayant réprimés dans leur liberté d’action (et de penser, ça va de soi). Je pense, donc j’agis !

Or, je me questionne tout de même, car bien qu’il me semble aujourd’hui pertinent, par exemple, d’écrire le combat pour l’indépendance des Catalans, la coordination des mouvements anarchistes en Grèce et en Italie, la survie des Autochtones vivant en périphérie des chantiers d’exploitation des sables bitumineux ou encore le trafic de travailleurs Nord-Coréens en Mongolie, parce que ces sujets sont d’actualité, combien de fois encore faudra-t-il écrire Auschwitz, les camps du Goulag, le mur de Berlin ou encore le 11 septembre 2001 ? Autrement dit, n’y a-t-il pas un ombrage agaçant dans le tableau ? une forme de récupération de l’histoire par le capital qui nous propose simplement une version réifiée des événements, et, surtout, cherchant à restreinte la portée de sa signification à sa plus vulgaire utilité marchande ? À mon sens, l’écrivain reste l’un des derniers remparts, l’un des derniers vigiles du crépuscule.

Danny Plourde

P.S. : Merci à Benoît Melançon pour ces liens, des plus pertinents, qui contribuent à la réflexion.

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