Le Québécois post-référendaire est une femme violée qui se sent coupable d’avoir crié au viol. (Et le Canada est une insulte à la démocratie)

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Plage Sandy Beach, Gaspé, Québec, Danny Plourde

1995. Je t’écris à toi, à vous, à tous ceux qui m’ont aidé à passer au travers quand c’était pas facile. Je suis persuadé que les meilleurs ponts sont ceux qui enjambent les ruisseaux tranquilles. Et la rivière ne garde aucune trace du canot qui la traverse… (8 millards de litres d’eaux usées…)

Au revenir d’Asie, je me suis jeté vers la Gaspésie. On dirait qu’il n’y a que là que je me sens fier d’être Québécois. Je veux dire… loin de Montréal… Être Québécois. Québécois…

Un Québécois qui ne se sent pas mal, coupable, pas rien d’autre que lui, sans plus, sans moins. Nu. Un Québécois qui n’a pas à subir l’opprobre de la citation décontextualisée de Parizeau. Genre, for ever and ever and ever and ever and ever…

Les fédéralistes ont impunément engagé des mercenaires crasses, des pirates du me myself and I dans leur camp. Le projet de l’indépendance du Québec, songé depuis les débuts de la colonisation, devrait perdre, du coup, par faute d’intelligence et de littératie politique, toute sa légitimité à cause d’une surenchère médiatique axée sur une putain de phrase creuse qui avait à demi raison ? He. Come on !

Le Canada est une insulte intellectuelle

Le Québécois souverainiste est un nazi. C’est connu. Hein?  (gros crisse de sarcasme grave) Il importe de le déshumaniser, de lui ôter toute forme d’humanité afin qu’il ne puisse pas être entendu. Suffit d’associer son discours à celui des « reliques du mal, du passé », même si aucun parallèle n’est possible, pour planter la graine de l’opprobre, suffira de la déchirure, de la chicane, de la division, de la séparation. Appel à la nouveauté, appel aux sentiments, amalgames et généralisations hâtives, voilà les moyens d’aborder la question. Mon gars, comment te cacher mon besoin de crisser mon camp loin d’icitte. Je me sens pas trop glorieux de ça, je sais que mes ancêtres, depuis des siècles, ont le même réflexe que moi. Au lieu de se battre, on câlice not’ camp. C’est triste.

J’m’excuse, mais j’ai le goût d’être ailleurs. Là où il y a du courage, de l’honneur pis de la gloire. J’en ai mon casse de la honte, du repli pis de la misère.

On veut du changement avec le plus vieux parti. L’individualisme est triomphant. Suffira de prendre le monde pour des bêtes qui conçoivent leur appareil réflexif en fonction des sondages. Mais tsé, ceuzes qui croient aux sondages, qui en font leur outil de travail, qui se construisent même une identité là-dessus, c’est vraiment, je suis désolé… là, mais c’est vraiment l’indicateur que notre société est malade grave.

There you are

Un point godwin pour chaque Canadien. Nationalisme = nazisme. Peu importe la discussion, l’orientation, le niveau d’intellectualisation : un point godwin automatique : les amalgames, la déchirure, la division, la séparation, le malheur, la brisure, l’apocalypse. Qu’est-ce que les fédéralistes ont gagné ce jour-là, le 30 octobre 1995 ?

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Fleuve Saint-Laurent et Montréal depuis les airs, Danny Plourde

Rien. Ils ont obtenu une victoire honteuse, une victoire acquise grâce à la tricherie. grâce à la peur, à l’individualisme, au chauvinisme britannique, au colonialisme saxon, à l’aliénation mercantile. Le Canada est une insulte.

Le Canada est une insulte.

Le Canada est une insulte que l’on avale comme un médicament qui n’a aucun effet.

Le Québécois post-référendaire est une femme violée qui se sent coupable d’avoir crié au viol. Et la communauté internationale n’a rien vu, rien entendu, rien dit, car tous les pays de l’ONU craignent l’indépendance de leurs propres indigènes…

Si je te dis que je ne suis pas heureux dans le Canada, est-ce que tu sauras me faire la leçon en me disant que partout ailleurs c’est tellement pire ?

Si je te dis que le Canada pour moi c’est un putain de pays hypocrite, est-ce que tu me gronderas en me disant que ne je sais pas apprécier le triomphe de l’individualisme ?

Suis-je si privéligié qu’il m’est impossible d’espérer mieux ?

Eh ben, au nom de mon humanité, si tu crois que le Québec ne mérite pas d’être un pays, je vais, en toute amitié, te considérer comme un ennemi.

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Être prof sur le tas (ou comment éviter la machine pédagogique)

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Une machine à enseigner la littérature. Ajoute aux cours d’assistanat que je donne à l’Université de Montréal, ça fait plus de 5 ans que je besogne au Collège de Maisonneuve. Avant cela, j’ai enseigné près de 2 ans à des calottes au Cégep de Saint-Hyacynthe. Entre les deux, j’ai fait les pires jobs de concierge, les cours du soir, les cours aux adultes, les cours de français langue seconde, les cours de français en bureautique même jusqu’à Beloeil; bref, pendant longtemps, je me suis solide fait chier à enseigner ce que je ne voulais pas nécessairement partager pour la simple raison qu’il me fallait survivre. Survivre. Ces années de mutilation professionnelle m’ont forcé à développer un sens aigüe de l’autre, car j’ai enseigné à un tas de mecs et de gonzes qui ne souhaitaient que passer leur cours pour pouvoir se pogner un job, comme tout le monde, comme moé, cré ben: survivre.

Je suis devenu prof sur le tas.

Jamais, pour autant, il m’a été donné de mettre de côté mon processus créateur. La rumeur veut que les profs de Cégep font des poètes frustrés, un peu comme les pères ou les parents, les mariés. Je sais pas, je m’en câlice, au fond. J’étais déjà poète et écrivain avant de devenir prof, ou même père. Je suis un auteur-prof. Pas un prof-auteur. Ça change peut-être un peu la donne, mais on s’en fout, c’est pas ça l’important. Faut que tu laisses faire… C’est pas, là, le truc…

Je suis devenu prof sur le tas parce qu’il n’y avait rien d’autre pour moi. Barmaid, libraire, dj, concierge, musicien manqué, palefrenier, arbitre de biseball, viarge… l’enseignement s’est présenté à moi comme une manière de préserver mon rythme de vie de débauche sans devoir me prostituer. Les profs sont libres. Libres de conscience, de geste, de parole. Les profs n’ont pas de boss. Les profs n’ont pas à sucer des queues symboliques pour se faire octroyer des bourses de subsistance. Les profs sont indépendants d’esprits, d’action. Les profs sont l’amas noueux de camarades avec lequel je me sens le plus en communion. À chacun son plan de cours, suffit de le faire  »fitter » dans le plan cadre… Pis c’est pas parce que t’es prof que t’es p’us capable de torcher le câlice.

Je t’aime. Bon, vive les profs, mais je ne me sens pas prof pour autant, à vrai dire…

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Je ne parle pas de toutes les corrections, de l’isolation dans le bureau, de la frayeur d’être seul avec la parole d’une génération qui tente de changer le monde. Le monde est une petite ville. J’ai… Je n’espère pas que tu comprennes, mais pour vrai, j’en vois de toutes les couleurs, comme on a peur de tout le monde, peur du soleil, peur de la liberté, mes étudiants ont peur, ils ont peur de prendre la parole. Ils ont peur de dire leurs couleurs, de dénoncer leurs parents, de militer pour la liberté, ils ont surtout peur de parler pour rien, et la parole, dans ces conditions, est si précieuse et… contagieuse.

Je suis écoeuré de l’hypocrisie des politiciens, tout ce que je veux c’est un peu de vérité. Et c’est cette parole qui se libère lentement dans mes cours qui me donne un peu d’espoir. Que signifie tout ce que je peux leur dire, que je leur enseigne les premiers écrits des voyageurs français, les mantras autochtones récités durant les sacrifices, les supplices, que je leur enseigne les contes et les légendes du 19e, que je leur enseigne le trait de crayon traditionaliste du terroir, ou les ogives modernes des poètes exotiques de l’école de Montréal, je ne serai jamais qu’un prof qui a appris sur le tas. Un tas de fumier, un tas d’ossements, un tas d’oubli pur.

L’international pédagogique…

Mes étudiants viennent du monde entier, et c’est ce que j’aime. Maroc, Algérie, Lybie, Liban, Viet-Nam, Chine, Russie, Ukraine, Canada, États-Unis; mes étudiants sont le reflet d’un monde perdu dans lequel je leur veux une possibilité d’avenir. Cambodge, Iran, Irlande, Angleterre, France, Suisse, Danemark; mes étudiants en ont vu de toutes les couleurs: Haïti, Mexique, Venezuela, Colombie, Malte, Égypte; mes étudiants sont friands d’histoire, de contextualisation: Espagne, Jamaïque, Brésil, Pologne, Allemagne; mes étudiants sont toutes et tous curieux au sujet du pays qui les accueille. Le Québec est un peuple en amour qui sait la force de l’échange. Japon, Corée, Philippines, Australie, mes étudiants ont le monde devant elles et eux et ils et elles iront plus loin que nous.

Peu importe les diatribes pleines de fautes sur IrateMyTeatcher ou encore les évaluations de la direction, je suis malade de la paranoïa; tout ce que je désire, c’est un un peu de vérité. Les bons étudiants que je rencontre à chaque année, ils me donnent le goût de vivre, ils me donnent le goût de continuer à piocher le verbe malgré mes cheveux qui blanchissent, malgré la souffrance de nos conceptions de l’univers. Et ils sont si nombreux, beaucoup plus que les lecteurs, que les auditeurs, que les danseuses dans le bar au coin de la rue, ce sont des complices du succès des lettres, des porte-étendards de la lumière folle dans la caverne ordinaire du Saint-Laurent.

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On écrit peut-être pour soi, ou quelques-uns des nôtres,
mais on enseigne pour l’autre, pour l’ensemble de l’humanité
on enseigne sans rien demander en retour
si ce n’est qu’une poignée de main
à la fin de la session

(trip d’harmonica incohérent)

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Le Pape en Corée : Réunifiez-vous qu’il disait

Workers adjust a giant banner depicting Pope Francis and a welcome message to him, in Seoul

Aime ton prochain, qu’il soit communiste ou capitaliste, qu’il ait largué du napalm dans ta face ou t’ait menacé de t’envoyer des ogives nucléaires dans le cul. Aime ton prochain, pardonne-lui. Pardonne à ceux qui t’ont offensé. Le Québécois en moi, celui qui a fait sont catéchisme (eh oui, je suis né en 1981), celui qui a été baptisé, communié, confirmé, mais qui s’est par contre marié sous les instances célestes matérialistes de l’existentialisme, le Québécois inconscient catholique en moi aimerait avoir une pensée pour François, le Pape branché sur les miséreux, celui qui a vécu la dictature en Argentine, celui qui aime les pauvres, celui qui va en Corée du Sud être accueilli par la fille d’un dictateur à l’origine de plusieurs centaines de morts d’étudiants et de sympathisants syndicalistes dans les années 80. Voir le Massacre de Kwangju.

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Pardonner, n’est-ce pas beau. Je dirais que le pardon est ce qu’il y a de plus révolutionnaire. Enfin, c’est ce qui fait le succès du catholicisme et de son interprétation des évangiles. Pardonner quiconque, c’est une tentative spirituelle de sublimer la colère et le besoin de vengeance, de stopper la roue de la violence. Le pardon, c’est la justice du Ciel, car il y aura l’Enfer à la Fin des Temps pour juger des actions des hommes. Cela dit, s’il n’y a plus de foi, il n’y a plus d’Enfer, il n’y a donc plus de menace ou d’attrait à user du pardon. Le pardon reste tout de même gratuit, c’est ce qui fait sa beauté, peu importe les croyances. La réponse la plus irrationnelle à l’injustice, c’est le pardon. En cela, il me semble que le pardon se place au-dessus de l’homme et que Jésus, peu importe ce qu’on en dit, a été un révolutionnaire à sa façon; en cela qu’il a su sublimer le besoin trop humain de la vengeance, de la justice, en une opération conceptuelle dénouée d’intérêt. Le pardon, c’est ce qui me fait croire que la peine de mort est la plus ignoble des entreprises humaines. Je le répète, malgré mon background catholique, je ne suis plus croyant, je suis existentialiste, or cela ne m’empêche pas de voir dans le pardon une issue pour l’humanité.

Coréens du Sud et du Nord, pardonnez-vous ! Est-ce possible ? Le Pape vous y enjoint. Ne comptez pas, au Sud, sur les compagnies, les oligarques qui tirent les ficelles de vos gouvernements conservateurs. Ne comptez pas, au Nord, sur votre régime autoritaire absurde et borné, sur vos jouets de la mort qui, au fond, n’impressionnent pas grand monde. Pardonnez-vous. Le pardon, c’est votre seul salut.

Mission impossible ?

C’est du moins ce que rapporte Le Figaro en s’appuyant sur les propos du Mgr Peter Kang U-Il. Il faut cependant rappeler que dans la péninsule coréenne, avant même l’invasion japonaise, plusieurs missionnaires catholiques portugais, mais surtout français, s’étaient installés en Corée à la fin du 19e siècle. Ces derniers, par leur parole au sujet du pardon, imaginons, surent trouver nombreux adeptes, lesquels étaient confinés dans une tradition conservatrice mariant l’animisme, le confucianisme et le bouddhisme. Résultat, plusieurs centaines de morts, les sorciers… au piloris ! des têtes coupées, plantées sur des piquets, et puis une mini-guerre ouverte entre la Corée et la France de Napoléon III, qui voulut venger les missionnaires assassinés et profiter de l’occasion pour étendre son emprise relative sur l’Asie de l’Est. Du coup, après les Français, les Américains prendront le flambeau et forceront l’empire ermite à ouvrir son marché aux commerçants internationaux (Les débuts de l’OMC, plus de 300 morts coréens à Suncheon). Ce qui affaiblira le royaume de Choseon sans aucun doute.

Avec les Japonais (1905), le shintoïsme a été prescrit pour soigner les troubles de consciences nationales. L’animisme a perduré, le bouddhisme de tradition tibétaine également, mais seulement dans les lointaines montagnes (ce qui fait qu’il y a très peu de temples de nos jours dans les villes, la plupart sont en retrait, loin des centres).

Après près de deux générations sous la gouverne autoritaire nippone, Hiroshima, Nagasaki, capitulation, la Corée des collabos japonais s’allie avec les USA, la Corée des militants, armés par l’URSS et la Chine, mettent au pouvoir le premier des Kim, le vrai, celui qui a combattu dans la guérilla contre les Japonais en Mandchourie. Guerre froide, des millions de morts, le pays divisé, la Chine est satisfaite, le Japon s’en tire à bon compte et ne se presse pas pour s’excuser de ses crimes de guerre, l’URSS renforce sa position à Vladivostok et les USA sont les grands gagnants. Il n’y a que ce peuple, divisé, dont les familles ont été déchirées dans un théâtre où elles n’ont été que les accessoires malheureux du décor.

Évangélisation 2000

Côté Sud, qui dit soldat américain, dit base militaire, dit protestantisme, dit évangélisme, dit truc machin mormon moron de toutes les sortes. Pardon pour le moron, je vous ai avertis, je suis existentialiste.

Des chapelles sont apparues au fil des décennies, lesquelles ont permis aux USA d’angliciser la Corée du Sud. En plus de les angliciser grâce à leur interprétation douteuse des évangiles, ils en ont certes profité pour glisser quelques messages subliminaux dans leur prêche. Par exemple, être communiste vous conduit droit à l’enfer. Être un rouge, c’est l’enfer. Jésus parle anglais (je niaise pas, une coréenne me l’a déjà dit), etc. Bref, le protestantisme à la sauce américaine en Corée du Sud a permis à plusieurs crapules de s’engraisser les poches grâce à la petite caisse, et c’est sans compter toutes ces sectes obscures qui pullulent en Corée du Sud. La religion, c’est une affaire de business. Voir les antécédents du propriétaire du Sewol.

Les représentants de l’Église catholique en Corée du Sud se sont toujours, en cela, démarqués. Ce sont les catholiques, en Corée du Sud, qui ont protégé les étudiants lors du mouvement de Kwangju. Certains pères catholiques coréens auraient même pris les armes pour défendre les citoyens, le tout au nom de la démocratie. Les catholiques, qui ne représenteraient que 11% des croyants en Corée du Sud, toujours selon le Figaro, sont pourtant beaucoup plus engagés. Et le Pape François n’est certes pas allé sur la péninsule, son premier voyage en Asie, pour rien. Lui-même a connu les affres de la dictature. Le Pape des pauvres a lancé son message, pardonnez-vous les uns les autres.

Et pourtant…

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La séparation, c’est une affaire d’argent, en Corée, ce n’est plus vraiment idéologique, culturel ou peu importe, c’est vraiment et seulement une affaire de cash. Mille fois, du jour au lendemain, la Corée du Sud pourrait à l’aide de ses partenaires et d’une volonté honnête offrir un compromis au Nord. Mais le Sud ne veut aucun compromis. C’est le Nord qui doit faire tous les compromis. Et c’est l’histoire moche des deux frères qui se chicanent pendant que les cousins gagnent le monde. Quelle a été ma surprise de lire, toujours dans le Figaro, cette parole du Mrg Peter Kang : « Une hétérogénéité croissante s’est installée. Même si la réunification entre les deux Corées intervenait, le doute me vient dans le cœur et je me demande si nous serions capables d’accepter et d’embrasser chaleureusement le peuple du nord en le considérant comme notre propre frère et comme notre prochain. »

Je ne suis pas un vrai Chrétien, il y a plein de politiques catholiques avec lesquelles, évidemment, je ne suis pas d’accord (place de la femme, contraception, diversité sexuelle, etc.), mais ce que je sais, c’est que lui, ce Mgr haut gradé de la Corée du Sud, il ne l’est pas non plus. C’est un imposteur. Un porte-parole de l’Église catholique qui a pour commerce le pardon devrait s’atteler à faire valoir l’espoir, l’inaccessible bonheur, le meilleur à venir, toujours dans le but de l’amélioration de l’humanité. Comment juger d’un tel constat résigné platement lâché ? Le gars n’a même pas la foi… ça va mal.

Une chance que le Pape est là.


Se battre contre Tristan L’Hermite en buvant de la Alexanders Keith’S

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J’ai beau me creuser le cerveau avec toutes les bonnes intentions du monde, j’ai toujours l’impression que tout ce qui sort de ma gueule pu le préfabriqué et qu’aucune expiration de mon désespoir ne pourrait même justifier le fait que je veuille écrire le malheur qui m’accable. On dira : « Pouais, mais Plourde, t’es un ostie d’chanceux, t’as une femme, une enfant, un job, fa-ke, ferme don’ ton ostie d’yeule! » 

Kyar, le pire crime que l’on puisse commettre à mon endroit est celui de vouloir me fermer mon ostie d’yeule. Marty McFly détestait qu’on le traite de mauviette; moi, je déteste au point de vouloir détruire tout ce qui se trouve autour de moi tous ceux qui veulent me fermer la gueule. Le pire manque de respect, au-delà de la chambre à gaz, c’est celui de vouloir fermer la gueule à quelqu’un. 

Alors que je dise n’importe quoi, sacrebleu, que je partage mon abdication par rapport au fait que – putain – il n’y a rien d’autre qu’une lente agonie qui nous attend, cela ne devrait pas insulter ou indigner quiconque, car il me semble qu’une foi que l’homme réalise ses limites, il lui est enfin permis de les repousser, d’en partager le drame et d’espérer mieux. Si de mon vivant je ne verrai jamais l’indépendance du Québec, si de mon vivant je ne verrai jamais l’avènement des voitures électriques volantes, le boom de l’énergie solaire et thermique, la disparition des religions et le réel et le vrai génie humain mis au service non pas seulement de l’humanité mais de la planète Terre tout entière, je ne m’en ferai guère outre mesure car j’ai confiance. Malgré tout. Malgré vous. Malgré toi, l’ostie de pessimiste chiant qui n’arrête pas de penser à lui-même. J’entretiens l’espoir que l’humanité saura se prémunir d’elle-même, de toi. 

C’est en buvant ces quelques bières sous un soleil de plomb qu’il me vient à l’esprit l’idée qu’il faudrait peut-être mieux s’entendre, mieux s’écouter et surtout mieux se pardonner. Or il ne faudrait par contre ne pas confondre le pardon avec le besoin essentiel de s’indigner, de se mettre en beau fusil, d’être en câlice ! 

La justice ne devrait pas être un État qui laisse ceux qui en ont besoin dans l’attente. La justice est un sentiment de vengeance raisonné devant être assouvie dans l’immédiat. Il faut entretenir notre colère au nom de la raison sans s’emporter dans l’animosité. La rogne, c’est le mortier du mur de bien des nations. Nous n’en faisons pas exception. Rien à se reprocher. La colère est un sentiment nourri par l’injustice, suffit de bien canaliser cette énergie destructrice afin de se construire grâce à la compassion, au pardon; car on ne pardonne pas sans colère.

Il est humainement possible de détester justement, comme je déteste d’une façon abstraite le Canada et l’histoire sur laquelle ce pays assujetti au royaume britannique tente de se construire une identité qui lui serait propre. 

Tu me fais chier, tu me méprises, tu ne me donnes pas l’attention qui devrait me revenir; je suis donc en droit de te réduire à une connaissance sous-évaluée de ma cosmogonie orgueilleuse. Qu’est-ce que tu crois ? Qu’est-ce que tu espères ? Que je me crisse à quattre pattes comme la plus conne des plottes ?

 En somme, l’art du vivre-ensemble m’apprend à te dire un innocent  « fuck you » sur un blog au lieu de m’engager à mettre nos deux vies en danger.

C’est un long détour, my friend, I know, but tu sais ben que j’t’aime avec toutes tes calamités.

D. Plourde.


Se bercer pendant des heures


Corée du Nord, Corée du Sud  (우리 는 하나)

  • by DANNY PLOURDE
Remontons à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les Japonais n’ont d’autre choix que d’abandonner leurs positions en Chine et en Corée, laissant le sud de la péninsule coréenne dans le chaos, avec une classe dirigeante qui, pendant près de quatre décennies, avait collaboré avec l’empire du Soleil-Levant. Bon nombre de ces collaborateurs ne seront jamais jugés ; au contraire, ils se transformeront vite en d’ardents anticommunistes afin de garder le pouvoir.Pendant ce temps, au nord, la résistance anti­japonaise coréenne dirigée par Kim Il-sung adhère au communisme et cherche des appuis chez les Soviétiques. Les Coréens du Nord, après avoir combattu l’envahisseur japonais, n’acceptent pas qu’au sud, on se range du côté des Américains. Les révolutionnaires voudront donc prendre d’assaut toute la péninsule afin d’y ériger un pays communiste lavé de ses traîtres et de ses étrangers, tandis que les rentiers et propriétaires terriens du Sud feront tout ce qu’ils pourront pour préserver les acquis obtenus du temps des Japonais.Nous connaissons la suite  : des millions de morts sous le napalm américain, tant au Nord qu’au Sud ; une avant-première de la guerre froide dans laquelle s’affrontent les États-Unis, l’URSS et la Chine. Résultat  : un peuple encore aujour-d’hui divisé et dévasté.

Colonisation culturelle en Corée du Sud

La Corée du Sud a développé un vrai modèle occidental à la sauce kimchi. On peut parler d’une véritable colonisation culturelle par les Amé-ricains : konglish(mélange de coréen et d’anglais) omniprésent, capitalisme exacerbé, sentiment religieux inspiré des églises américaines, tout près du fanatisme idéologique. À cela s’ajoutent des histoires de corruption et de collusion qui font la manchette toutes les semaines. Des manifestations monstres sont réprimées dans le sang. Des conglomérats oligarchiques établissent une convergence dans plusieurs secteurs  : eau, pétrole, télécommunications, presses, universités, recherche pharmaceutique, centres d’habitation, supermarchés, chaînes de restaurant, acier, automobile, industrie du divertissement, extraction nucléaire, armement, par des compagnies telles Hyundai, Samsung, Kia, Lotte, LG.

Le pays affiche l’un des plus hauts taux de suicide. L’exode des jeunes cerveaux inquiète les autorités. L’approvisionnement en ressources naturelles dans ce demi-pays surpeuplé est de plus en plus problématique. Dès les années 1950, on a appris l’anglais dans les églises protestantes érigées par les soldats américains et aujourd’hui maintenues par des illuminés qui engraissent les caisses électorales des partis conservateurs. Lee Myung-Bak, le président de la république, a même dû s’excuser en 2008 auprès des bouddhistes, qui représentent plus du tiers de la population, après s’être dit favorable à la christianisation du pays.

Dans ces églises protestantes, qui ont poussé comme des champignons, on y a appris que le communisme mène droit à l’enfer, que le paradis n’est accessible qu’aux fidèles qui s’éloignent de l’enfer rouge.

Dans un pareil contexte, réunifier les deux Corées devient un défi considérable. Les « spécialistes » de la réunification en Corée du Sud ne cessent de répéter que cela coûterait trop cher. Alors on procrastine, on attend, on maintient l’état de siège. On envoie ses fils dans l’armée pour deux ans de service pour qu’ils protègent le pays des démons du Nord. Tous acceptent la présence des soldats américains, car sans eux, qui saurait ce que feraient ces chiens de rouge du Nord – laisse entendre une propagande haineuse –, ces tueurs sanguinaires violeurs d’enfants affamés qui se nourrissent de rats, de poubelles et de chair humaine ?

Les Coréens du Sud ont longtemps été victimes d’une dure répression par des gouvernements autoritaires, et en cherchant absolument à préserver le pouvoir, les dirigeants capitalistes du Sud, soutenus par les États-Unis, ont multiplié les exactions. Dans les années 1980 et 1990, des violences multiples ont été signalées et des écrivains, syndicalistes ou politiciens progressistes se faisaient emprisonner (entre autres, l’écrivain de notoriété internationale Hwang Sok-Yong et l’activiste et actuel maire de Séoul Park Won-Soon).

Chun Doo-hwan, dictateur de 1980 à 1987, a été impliqué dans le coup d’État de 1979 et le massacre de Gwangju en 1980, qui a causé entre 1 000 et 2 000 morts et disparus chez des étudiantEs. Chun était pourtant considéré à l’époque comme un bon général venu sauver le peuple de l’anarchie communiste. Ce crime a souvent été dénoncé par de nombreux altermondialistes occidentaux et dissidents sud-coréens.

Perspectives

Historiquement, la Corée du Nord a manifesté davantage d’intérêt à la réunification ; cela s’explique, de façon évidente, par la situation précaire de ses habitants. Au Sud, par contre, il est clair que plusieurs profitent de la division. Il y a un business de la frontière fraticide. On répète sans cesse que l’unification ne serait pas bonne pour l’économie. Les dirigeants du Nord demandent des conditions à la réunification que ceux du Sud ne peuvent accepter, pour des raisons remplies de mauvaise foi : la liberté politique (qui serait dangereuse, advenant une montée du socialisme) ; le départ immédiat et total des soldats américains (ce qui serait dangereux, advenant une invasion armée nord-coréenne ou chinoise) ; une fédération constitutionnelle où Nord et Sud subsisteraient en tant que provinces et présenteraient un président en alternance (ce qui serait dangereux, étant donné que le dirigeant issu du Nord pourrait adopter des lois contraignant les investisseurs du Sud).

Cela dit, les Sud-Coréens les plus progressistes ont réussi là où leurs prédécesseurs ont échoué : ils ont humanisé cette lutte. Mais avec la mort de Kim Jong-il, le sujet devient particulièrement délicat, tant pour les Coréens du Nord que du Sud. Il faudra observer attentivement comment Kim Jong-Un, ce jeune obèse qui n’a pas 30 ans, saura faire ses preuves dans une société aussi confucianiste que la Corée. Fera-t-il un coup d’éclat militaire pour se faire respecter par les vieux généraux ?

Ses premières décisions ne vont pas en ce sens. Au contraire, il a eu le culot d’ouvrir les frontières à tous les Coréens du Sud voulant venir saluer la chapelle ardente consacrée à Kim Jong-il. Or, pendant ce temps au Sud, l’armée était sur le pied de guerre et a posté de nombreux soldats aux frontières.

Un faux pas de plus du Nord serait précisément ce que le militariste conservateur de droite Lee Myun-Bak souhaiterait pour espérer ouvrir le chemin à la réélection d’un nouveau parti de droite, dirigé par Park Geun-hye, la fille de l’ancien militaire et dictateur Park Chung-hee. Une recrudescence des tensions justifierait une invasion, tout de même peu probable. Or, il suffira de continuer à alimenter la contestation dans la population nord-coréenne (infestée d’agents perturbateurs déployés par le Sud et les États-Unis). Car c’est précisément le scénario plausible le moins catastrophique présentement qui pourrait se réaliser  : une révolte nord-coréenne contre ses propres dirigeants, voire une « saison » coréenne irréversible.

L’espoir

Aujourd’hui, les wons – monnaie coréenne – s’accumulent dans le « pot pour la réunification des deux Corées ». Car le Sud devra nécessairement payer pour y arriver, et cette opération coûtera très cher. On estime à entre 250 milliards et 2 140 milliards d’euros les coûts d’une éventuelle réunification, ce qui fait trembler toute une classe économique influente qui cherche naturellement par tous les moyens à retarder le plus possible le grand jour. Mais on a tout de même créé un ministère de la Réunification !

Cela dit, une petite bombe vient d’éclater au Sud : à Séoul, le gauchiste Park Won-Soon (né en 1956 et emprisonné en 1987 après avoir protesté pacifiquement pour la démocratie) vient d’être nommé maire, grâce à une génération de jeunes progressistes qui n’en peut plus de l’attitude belliqueuse de son gouvernement et d’un mode de vie calqué sur le modèle américain.

Le cinéma, la littérature, la chanson, toutes trois de plus en plus engagées, critiquent maintenant ouvertement la ligne dure de Séoul. Et tout indique que les présidentielles de 2012 en Corée du Sud ne seront aisément gagnées pour la droite conservatrice de Park Geun-hye, car Ahn Choel-Soo, un camarade de Park Won-Soon, se présentera afin de briguer la présidentielle. À eux seuls, Park Won-Soon et Ahn Choel-Soo incarnent un renouveau politique progressiste qui opterait pour un retour de la politique du «  rayon de soleil  » entre les deux Corées. Les deux sont jeunes, ont le vent dans les voiles et inspirent l’espoir.

Pour que de notre vivant nous assistions à la réunification, qui est pour plusieurs un enjeu très important pour l’équilibre du monde, ce vent de changement devra à coup sûr se faire sentir à Pyongyang afin que le peuple se soulève sans risquer une sanglante répression. Mais de Séoul à Busan, il faudra aussi – et surtout – envoyer au voisin du Nord un signal fraternel et pacifique qui témoigne d’une volonté de se réunifier sans que coule le sang des frères et sœurs ou que les intérêts financiers continuent à supplanter tout effort d’harmonie.

***

Ancienne version, rédigée pour le compte de la revue À babord : http://www.ababord.org/spip.php?article1447


JEUNE QUÈB CHERCHE ÉDITEUR (SPÉCIAL ANNÉES 10)

F. Undertwasser

Jeune romancier québécois à la recherche d’un éditeur

Vous êtes un jeune auteur (qu’on voudra jeune le plus longtemps possible; enfin, jusqu’à ce que vous n’ayez plus besoin de cette épithète hightlight qui vous colle au cul pour faire vendre des objets numériques, autrefois appelés livres). Vous parachevez votre histoire (sociale) et songez à trouver une maison d’édition québécoise (parce que la France, on oublie ça de suite, vous n’êtes pas un intimiste, ni une ex-star porno, à moins que, mais bon, comme disent nos maîtres britaniques  si magnanimes* : fuck off !) Précisons, vous n’êtes quand même pas du genre à vouloir publier n’importe où et, surtout, n’importe comment. Hein ! Vous adorez les maisons underground, vous y pêchez bon nombre de vos lectures de toilette, elles vous font sentir full substream quand vous vous compromettez dans un combat de références au coin d’un comptoir de bar vers 2h30 du matin. Vrai ! Vous adorez les petites maisons mal chiées qui naissent et bourgeonnent au gré des saisons (ostie de métaphore poche); même que vous les trouvez la plupart du temps esthétiquement plus achevées que tout ce qui se fait ailleurs; sauf que, mine de rien, vous avez envie d’être lu par plus de 200 personnes au cours des 5 prochaines années (voire au cours de l’existence humaine; mot clé : mégalomanie). Pas que vous ressentez le besoin d’être lu à tout prix, mais bordel, si vous écrivez pour ne pas être lu(?), cliquez ailleurs, retournez vite faire de la porn, ce texte n’est pas pour vous, vous êtes au mauvais endroit au mauvais moment. On a beau pondre ses trucs, les agrafer en in4 et jouer le révolutionnaire de l’imprimé, reste que le harakiri littéraire du dilettantisme* n’a de grandiose que son éphémérité.

Le professionnalisme en édition ne devrait être pour vous aucunement synonyme de pédantisme mercantile, au contraire, vous le recherchez afin de vous surpasser, afin de mettre à jour la canopée* du renouvellement (n’oubliez pas, vous êtes encore jeune et avez des choses nouvelles à dire que des milliers d’autres auteurs n’ont pas encore dites). Dié ! Quels sont les choix, au Québec, en ces années 10, qui s’offrent à vous ? Romancier ! Où devriez-vous soumettre votre manuscrit ? votre histoire, disons événementielle, qui s’inscrirait dans une démarche pseudo sociale (pseudo, car il y aura toujours quelqu’un quelque part qui aura quelque chose de mauvais à dire sur ce que vous faites). Quelles sont les mesures auxquelles vous devrez vous soumettre pour envoyer le fruit de vos centaines (milliers?) d’heures de labeur ? C’est dans un souci de vous faire épargner peut-être plusieurs dizaines de dollars d’impression (eh oui, chez nous, on m’a appris à économiser, bien que cela n’ait pas fonctionné), ou encore plus simplement de vous mettre au parfum du paysage très petit et de l’univers presque consanguin de l’édition au Québec que je vous brosse, très humblement, et absolument sans aucune  -j’insiste-  prétention d’exhaustivité, un vulgaire portait (mais à tout le moins pratique) des boîtes où il est bon d’envoyer ses missiles littéraires.

DE CES LISEUX QUI N’AIMENT PAS TROP INTERNET

Les premiers romans n’ont pas été écrits sur des machines à écrire. Non. Sans blague. Les machines : les écrivains eux-mêmes ! C’est sûr qu’au 18e , au 19e siècle, il n’y avait pas beaucoup de divertissements. La chasse, les cafés, les putes. Pas autant qu’aujourd’hui, du moins (sauf peut-être pour les putes). Ah ! Mais j’aime m’imaginer une vie de débauche sur la Grande Allée avec un tas de Françaises qui me chantent des chansons grivoises pour m’endormir sous les platanes… La vie au 21e en Amérique du Nord, c’est pas ça. Ce n’est pas ça. On aime à le croire. Ouais, bon, je sens que je m’écarte…

Les éditions Boréal , c’est sans contredit l’une des plus grosses boîtes, des plus sérieuses et professionnelles du Québec. On y publie de tout sauf de la poésie et du théâtre, ce qui pourrait paraître restrictif pour certains, or au contraire, pour d’autres, cela indique un souci de s’investir davantage dans la fiction, le récit et l’essai. Fondée en 1963, cette maison se dit indépendante (de quoi ? de qui ?) De grands auteurs y ont patenté bivouac : Louis Hamelin, Ook Chung, Louise Desjardins, etc., mais de jeunes auteurs (oui-oui, ceux-là qui sont jeunes parce qu’ils n’ont pas encore 50 ans et qu’ils osent parler de, ô mon dieu, de , de sexe, comme Nicolas Charrette) ont pu s’y creuser un trou.

SOUMETTRE UN MANUSCRIT  

  • Nous n’acceptons que les manuscrits complets, sur papier, en feuilles paginées détachées, non boudinées.
  • Nous n’acceptons pas de manuscrits sur support électronique.
  • Vous pouvez soit déposer votre manuscrit en personne à nos bureaux, soit nous le faire parvenir par la poste. Prière de ne pas envoyer de documents originaux.
  • Nous n’acceptons pas de manuscrits dans les genres suivants : poésie, théâtre, science fiction, fantastique, livre pratique, ésotérisme, album illustré.
  • Nous vous remettrons ou vous enverrons un accusé de réception dès la réception du manuscrit.
  • Nous vous communiquerons la décision du comité éditorial deux à trois mois après le dépôt du manuscrit. Il est inutile de communiquer avec nous avant cette échéance.
  • Il nous est impossible de communiquer aux auteurs qui ne sont pas sélectionnés un commentaire de lecture, étant donné la quantité de manuscrits que nous recevons.
  • Nous tenons les manuscrits refusés à la disposition des auteurs pendant un délai de six semaines. Vous pourrez le récupérer à nos bureaux ou envoyer un chèque ou un mandat-poste pour couvrir les frais d’envoi.

Les Éditions du Boréal
4447, rue Saint-Denis
Montréal (Québec) H2J 2L2

Québec Amérique , c’est pas n’importe quoi. Publier là, c’est un peu comme être un méga front, un Lino Zambito de la littérature, une Mahé, une ci, une ça… Youop, youop ! Y’as pas qu’eux (elles) par contre !  D’habitude, je pense bien qu’il faut d’abord avoir torché dur, se lever et s’imaginer avoir accompli quelque chose de grand, comme avoir descendu les poubelles au bon moment, mais là on est vraiment dans les ligues majeures extra-Québécor; et déjà, genre être un sujet susceptible de passer à Tout le monde en parle pour espérer être pris au sérieux. Reste que cette maison fait de putain de beaux livres pis que son titre torche solide. Alors voilà, je vous recopie platement ci-bas l’intégral de leurs exigences :

L’an dernier, Québec Amérique a reçu, toutes catégories confondues, quelque 800 manuscrits et projets. Il va donc de soi que nous nous devons d’avoir, aussi bien sur le plan du contenu que de la présentation matérielle du projet, certaines exigences.Quand on sait qu’à peine 4% de ces propositions seront retenues pour publication, il est peut-être inutile d’insister sur l’importance pour les auteurs de mettre toutes les chances de leur côté. Il est par contre important de souligner que la direction éditoriale de Québec Amérique prend en considération toutes les propositions, qu’elles viennent d’auteurs reconnus ou d’écrivains qui en sont à leurs premières armes. Littérature générale, littérature jeunesse, essais, biographies, livres pratiques, tout est examiné avec l’attention et le respect que mérite toute démarche sérieuse.Pour toutes ces raisons, Québec Amérique se doit d’établir, pour la présentation des projets, un protocole rendant le processus (évaluation et réponse) le plus rapide et le plus efficace possible.

Aussi:

  • La maison n’accepte qu’une copie papier du manuscrit soumis (un seul exemplaire suffit); donc pas de copie sur CD, ni de projet transmis par courrier électronique ou télécopieur;
  • Cette copie papier doit préférablement être présentée «recto verso», avec un interligne raisonnable;
  • La maison évalue seulement des projets achevés et non des extraits, des plans ou des tables des matières;
  • Une brève présentation du sujet (résumé de l’histoire racontée ou du projet de livre) est aussi fortement recommandée.

 L’auteur sera avisé par courrier dès qu’une décision aura été arrêtée.

Les manuscrits doivent être adressés (ou déposés) au :
329, rue de la Commune Ouest, 3e étage, Montréal (Québec), H2Y 2E1

N’hésitez pas ! Québec Amérique attend votre proposition !

Les éditions XYZ , eux aussi, reçoivent les manuscrits uniquement par la poste. On ne rigole pas! Un courriel, c’est pas pro. C’est comme un texto d’ado. On s’envoie des milliers de courriels par année. Quand on veut publier un roman, la moindre des choses c’est de se forcer un minimum, non ? Ne devrait-on pas se botter le cul un minimum ? Bah, moi, je le vois comme ça. Je m’en c@#$(*&% de vos caprices de super star littéraires. Et puis (pléonasme mes fesses), il est toujours mieux et profitable de se relire sur du papier, enfin, sur un autre médium que celui sur lequel on a défriché le terrain (pas claire ? pas grave). Tout pour dire, la gang de XYZ sont pour sûr des pros, des dévoués qui n’hésiteraient pas à s’investir pour vous aider. Et puis, mention d’honneur et d’amitié à l’une de ses artisanes.

Soumission de manuscrit

Les manuscrits doivent être envoyés par la poste; nous n’acceptons pas les envois par courriel.  Les manuscrits doivent être rédigés à double interligne, en times (ou times new roman) 12 points, sur du papier format lettre et au recto seulement.
Ils doivent être adressés à Josée Bonneville, directrice littéraire. Attention de bien préciser que le manuscrit s’adresse aux éditions XYZ, car nous logeons à la même adresse que les éditions Hurtubise et il pourrait y avoir confusion. Les comités de lecture des deux maisons d’édition sont distincts; chaque comité lit ce qui lui est spécifiquement adressé.À noter enfin que nous ne pouvons accepter que les manuscrits signés par des auteurs qui ont la citoyenneté canadienne ou le statut de résident permanent.Prière d’envoyer les manuscrits à l’adresse suivante :

 Les Éditions XYZ inc.
À l’attention du comité éditorial,
1815, avenue De Lorimier,
Montréal (Québec) H2K 3W6.

Les éditions Leméac jouissent d’une notoriété certaine. N’ont-elles pas publié de jeunes auteurs talentueux tels que Guillaume Corbeille en plus de grands noms comme Aline Apostolska ou Michel Tremblay (le fameux laissé-pour-compte de la littérature québécoise,; nah, c’est une joke poche, tout le monde connait Michel pis son goût pour les grosses matantes qui boivent de la liqueur flatte) Leméac a un pouvoir d’attraction indéniable. Le jeune auteur professionnel veut s’y investir. Je l’y invite :

Comment publier chez nous ?

Nous n’acceptons que les manuscrits complets sur copie papier. Aucun ouvrage ni extrait présenté sous forme électronique ne sera accepté.
Le manuscrit devrait préférablement être saisi à double interligne en corps 12, sur papier 8,5 x 11 pouces (format lettre) et toutes les pages doivent être numérotées.
Notre comité de lecture examinera le projet dans un délai d’environ quatre mois et vous communiquera par écrit sa décision. Nous déclinons toute responsabilité quant à la perte ou à l’endommagement du manuscrit. Nous vous recommandons donc de ne jamais déposer l’original mais plutôt une copie de celui-ci.
Les manuscrits doivent être adressés à :

LEMÉAC ÉDITEUR
Services des manuscrits
4609, rue d’Iberville, 1er étage
Montréal (Québec)
H2H 2L9

Si vous désirez récupérer votre manuscrit en cas de refus, veuillez joindre une enveloppe suffisamment affranchie sur laquelle figurera votre adresse, ou ajouter un mandat poste au montant de 8 $ CAN pour les frais de manutention et le retour par courrier. Tous les manuscrits refusés non réclamés par l’auteur seront détruits après trois mois suivant la signification de notre avis de ne pas donner suite à leur publication.

Les éditions Triptyque ont dans mon imaginaire Bertrand Laverdure comme ambassadeur. Je ne sais pas. Je n’ai jamais rien su. Mais il m’a semblé que cet auteur, depuis plusieurs années, fidèlement, y a largué de bonnes bombes. Mais, toi le pédoncule que je vouvoie, jeune auteur empreint de vigueur viril, sache que tu pourras là-bas également y publier, si ta substance en vaut la peine, des poèmes, des essais et d’autres trucs sans nom dont personne n’a que faire. Mon dernier livre acheté dans cette boîte était un Mathieu Blais. Une nécessité de l’engagement. Autrement dit, on y trouve de tout, et j’imagine que chacun y trouve son trou.

Pour soumettre un manuscrit, l’expédier par courrier postal, accompagné d’une courte présentation de votre œuvre et de vous-même.
Indiquez votre adresse courriel! Vous recevrez une réponse de notre part dans les 6 mois suivant votre envoi.
IMPORTANT: Nous ne publions que les auteurs ayant la citoyenneté canadienne (ceci ne s’applique pas aux textes publiés dans Mœbius).

LES ÉDITIONS TRIPTYQUE

2200, rue Marie-Anne Est
Montréal (Québec) Canada
H2H 1N1
514•597•1666

 CEUX QUI SONT COOLS (OU QUI ONT ASSURÉMENT MOINS DE MONDE POUR LIRE TOUS CES PUTAINS DE MANUSCRITS MAUVAIS ET QUI PRÉFÈRENT RECEVOIR LES TEXTES PAR COURRIEL AFIN DE PLUS FACILEMENT LES FAIRE DISPARAÎTRE SI VOUS NE CORRESPONDEZ PAS À LEURS CRITÈRES)

Le Marchand de feuilles ne fait pas que vendre des feuilles, ce serait vraiment trop une fatalité platement médiocre que réduire ça à ça. On y marchande des mots qui sortent de l’ordinaire, qui dérogent, la plupart du temps. Or, ce qui assure son authenticité, c’est assurément son souci esthétique au-delà du reste, c’est ce besoin d’offrir un bel objet, ce qui ramène le poète ou l’écrivain dans l’atelier du peintre, du bédéiste. Le contenant avant le contenu ? Nah, j’embarque pas là-dedans. Pourvu que ça torche !

Marchand de feuilles est toujours en quête de nouveaux auteurs et illustrateurs. La maison est ouverte à tout projet innovateur.
Envoyez vos manuscrits (romans, recueils de nouvelles, BD, contes) ainsi qu’un résumé de 250 mots et un CV d’une page à l’adresse postale ci-bas pour évaluation par notre comité de lecture. Il est également possible de nous faire parvenir votre manuscrit en version électronique à l’adresse suivante:
marchanddefeuilles@gmail.com
Nous lisons tout ce que nous recevons. Soyez patients! Vu le très grand nombre de propositions que nous recevons chaque année, nous ne pouvons répondre à toutes les demandes. Nous vous contacterons seulement si votre texte est choisi pour publicationIl nous est impossible de retourner les manuscrits.
Au plaisir de vous lire!

MARCHAND DE FEUILLES

  1. P.4 SUCCURSALE PLACE D’ARMES

MONTRÉAL, QUÉBEC
H2Y 3E9

Le Quartanier, on niaise plus. On entre dans la ligue des universitaires(qui reçoivent des bourses pour leur bonne fidélité comme au club Costco). À l’origine néostructuraliste et dégageant un léger parfum de maîtresse d’école, on a depuis rectifié le tir afin de sortir d’entre les murs bruns de l’UQAM. Si vous souhaitez vous aussi comme tous les autres que votre lancement se fasse au Port de tête , je vous conseille de leur envoyer un manuscrit, et puis vous jouirez de cette vague de sympathie pour surfer avec votre bel objet sur Mont-Royal, parce que oui, leurs livres, bien que simples, sont beaux. Peu importe votre condition physique, je suis certain qu’ils prennent soin de leurs auteurs et on ne pourra jamais leur reprocher de ne pas être professionnels.

Pour nous soumettre un manuscrit, l’envoyer par courriel seulement (format lisible dans Word). Joignez-y une lettre de présentation du manuscrit, où l’on trouvera aussi vos coordonnées complètes, courriel inclus — c’est par courriel que nous vous répondrons. Nous ne souhaitons plus recevoir de manuscrits papier. 
Le temps de réponse varie pour l’instant entre un jour et six mois, voire davantage. Le Quartanier n’a pas de comité de lecture et n’envoie pas de réponse détaillée en cas de refus.
Mise en pages — prose : Times New Roman 11 pt ou 12 pt, à double interligne, avec marges de 4 cm en haut et en bas, et de 4,5 cm à gauche et à droite.
Mise en pages — vers : Times New Roman 11 pt, à simple interligne, en laissant des marges de 4 cm en haut et en bas, et de 4,5 cm à gauche et à droite.

Enfin, vous l’aurez remarqué, il y a bon nombre de maisons que je n’ai pas mentionnées. Je pense aux Herbes rouges (qui n’ont pas de site web?), aux éditions de l’Homme, à Trois-Pistols, à VLB. Écoutez, je n’ai pas de groupe de recherche à mon service et puis il commence sérieux à se faire tard (ce qui arrive souvent quand on est papa et qu’on ne peut commencer à écrire qu’à partir de 20h. Espérons que j’y revienne, plus en détails et, qui sait, peut-être avec des informations pertinentes. Reste que, des maisons, il y en a beaucoup, et toutes les tribunes sont essentielles. Alors si l’une d’elles vous refuse ou vous fait traîner en longueur en vous prenant pour acquis, je vous conseille de ne pas hésiter: allez voir ailleurs !

En fin de compte, il est bon d’échapper à sa zone de confort, d’accepter de retravailler ses textes avec des inconnus dans un contexte ouvertement et clairement professionnel… Je vous souhaite la meilleure des chances dans vos recherches (faudrait peut-être mieux dire merde) pis donnez-m’en des nouvelles !

Votre charlatan de service

DPLRD