Gaspésie : La route du libre feu (encore une fois)

Rien n’était visible. La lassitude ordinaire traînait dans les chaussures. Depuis les cendres poudreuses des saillies de Montréal, les klaxons interminables, les coups de pelles, les scies mécaniques, tous ces outils de l’horreur qui vous empêchent de réfléchir….

Comment espérer trouver ces vestiges des coureurs des bois, ou même ceux de celles de nos sœurs et frères chasseurs autochtones ? #leavenotrace

Là où je passe, j’échappe de petits copeaux de civilisation, mais je ne laisse, si possible, aucune trace. J’enterre mon lendemain de veille, je me lave à la citronnelle, je bouffe les baies sauvages, et j’hume le début du Jour.

Aucun archéologue ne pourra vraiment témoigner du rythme saccadé de ma présence sur le territoire. Je suis un fantôme. Un fantôme  loin des aéroports. Un fantôme décomplexé qui ne demande qu’un coin de bois où transpirer.

Je respire tout

Simplement

Et je souffle la braise

Je la cajole du bout

Des lèvres comme un baiser

Donné pour bâtir

Un moment de chaleur

Parmi les déchets, les mégots, les bouteilles vides de Pit, je trace un chemin qui accompagne, qui s’adapte, je suis le taximan, je suis là pour porter le poids de la souffrance des autres. Aucun naufrage ne justifiera l’abandon. Il y a ces petites rivières, ces petites clairières; il y a ces petits instant où vieillir est un bon moment.

Je suis parti pour me retrouver, je n’y suis pas tout à fait parvenu, mais j’ai quand même apprécié la liberté des plages du Barachois, le frette médical de la rivière aux Émeraudes, puis que dire de ces feux conçus sans papier… ces étoiles sur les galets déposées…

Il faut se laver les os dans la plus froide des eaux

Retrouver l’essence de la survie

Un bout de lumière sous les branches

Dans la fosse nager sa vie

Les secondes passent si vite entre le réveil et la biture coutumière

Des années lumière l’ouverture les mauves l’esprit jaune

Je chante les autres leurs chansons

Quand elles sont simples

J’oublie les refrains

Mais mes doigts se souviennent

Même s’il manque une corde à la guitare

La lune se lève au-dessus du Barachois

Le feu nous protège des bestioles

la puce des sables le maringouin

Bientôt l’éclipse s’impose c’est un spectacle

C’est une soirée comme on en désire plus d’une fois

Le chemin qui mène à la lune

Est un chemin d’illusions

Nous l’empruntons au gré du rugissement des moutons

Combien encore sont accrochés
à leur téléphone quand passe
l’Inimaginable

Dormir sur la grève est une délivrance

Une chance qui s’accompagne de quelques rires

Personne ne sait où je suis

Si ce ne sont que ces précieux amis

Pour qui je serais prêt à me battre

Pour qui je donnerais bien ma vie

Et quand au réveil le vent hurle sur les berges

Et que les vagues vomissent les algues

Je n’en ai rien à foutre du sable

Je me lève avec la certitude que je ne sais rien

Et puis tout recommence incroyable

Faire un feu manger

Bouillir de l’eau la traiter

Trouver l’instant d’écrire

Partir au bout du Québec

Une autre fois

Pour toujours le monde

Écouter les oies les goélands

Me dire de crisser le camp

Je reviendrai averti

Avec une gueule de conquérant

Tout pour me persuader

Que tout cela ne disparaîtra

Jamais

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