Ces Chinois d’autred’hui (ou l’extension crasse du confort assassin)

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Le quotidien est un serpent vénéneux qui s’immisce dans le plus profond des fondements. Je suis ailleurs, là où tu t’en crisses, mais je peux pas passer sous silence ce que j’ai vu en mars dernier (2015) lorsque je passais par Shanghaï. Shanghaï, ville moderne, ville Pierrafeu futuriste qui donne l’exemple à l’individu individu-a-liste l’exemple capitaliste du je mon ma mes du me myself and I, du we got to get high… so high, au reste de la Chine, ville de disparités et d’excès crasses. Quechi ! Shanghaï, ville de concession, ville soumise au commerce international, ville fluviale sous les vents violents qui a connu les bombardements japonais pis qui fait comme si de rien n’était. Shanghaï, tu as réussi à me décevoir avec ta grosse crisse de propension à commettre les mêmes erreurs poches de l’Occident.

L’extension du confort

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J’aime le père de famille qui va vaillant son chemin ramasser la brique dans l’enfer de la destruction pour la déposer dans le tas précieux qu’un autre père de famille viendra ramasser à son tour pour l’envoyer ailleurs. Ailleurs. La trajectoire d’une brique, c’est grave, l’ami. La brique, c’est l’homme.

Ici, dans ce quartier en pleine destruction, il y a d’irréductibles Chinois qui refusent de rendre les armes, qui refusent de vendre leur taudis sans valeurs, qui refusent de quitter le bled qui a vu naître et grandir la parenté. Personne ne viendra leur couper leur corde-à-linge, personne ne saura, preuves à l’appui, les prévenir contre les émanations toxiques des environs. Ces Chinois d’autrefois sont là à la vie à la mort. Ils sont, pour vrai, comme on dit en anglais, a fucking pain in the ass.

Et je les trouve beaux.

J’aimerais qu’on parle d’eux dans les téléjournaux; j’aimerais qu’on leur donne la tribune, j’aimerais me battre à leur côté afin de préserver leur imaginaire d’insoumis. Mais bon, je suis quand même à l’autre bout de la planète, he. La plupart des Occidentaux s’en câlissent de ce qui se passent ailleurs loin dans l’humanité. On ne se rend même pas compte qu’on est une large minorité… Je ne vais donc pas perdre mon temps à exposer mon sentiment d’indignation. Ce serait, comment dire, peine perdue.

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Malgré les émanations cancérogènes, le décor post-apocalyptique, il y a là des êtres humains qui demandent qu’on leur foutent la paix. Ils sont bien dans leur taudis, ils n’en ont rien à foutre de ces condos modernes, de ces tours mornes d’habitations qu’on veut leur imposer. Ils survivent sans faire chier personne. Comment leur en vouloir ?

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Sur le tas de toutes ces ruines palpables, je n’ai plus envie de gloser savamment dans les cercles fermés qui s’époumonent à cibler la souffrance des autres. J’ai le goût d’incriminer celui ou celle qui constamment passe à autre chose, j’ai le goût d’envoyer profondément chier celui qui se plaint le ventre plein, le cul trop en santé, j’ai envie d’arracher la face à tout ce qui se prétend humain sans daigner se risquer à perdre un morceau de confort. Et je suis le premier, le dernier à souffrir. Je suis la bombe flasque qui tombe et qui ose se questionner. Je ne suis pas à ma place, la mère qui tient son enfant me le fait comprendre. Je suis l’étranger qui dérange, je suis celui qui cherche à comprendre…

Je ne me sens pas trop bien, dans mes beaux habits, en ces lieux maudits. J’ai le goût de m’enfuir, car je refuse l’atrocité du réel, tout est pénible, loin du confort assassin du Québec.

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